Procès Rockstar : l'audience s'achèvera le 18 novembre, la veille de la sortie de GTA 6
L'audience de Glasgow devait se terminer le 16 octobre. Deux journées ont été ajoutées, les 17 et 18 novembre, ce qui place les plaidoiries de clôture la veille de la sortie du jeu. Ce qui a bougé, ce qu'a dit le témoin le plus haut placé de Rockstar en octobre, et pourquoi une date de fin n'est pas une date de jugement.

L'audience du tribunal du travail portée par 31 anciens salariés de Rockstar devait s'achever demain. Elle ne s'achèvera pas. Deux journées supplémentaires ont été ajoutées, les 17 et 18 novembre 2026, ce qui fait sortir les plaidoiries de clôture du mois d'octobre et place la fin de l'affaire la veille de la mise en vente de Grand Theft Auto VI, le 19 novembre.
Le motif tient de la procédure plus que du coup de théâtre : l'interrogatoire des témoins a pris du retard, et les conseils de Rockstar ont demandé davantage de temps pour contre-interroger l'un des salariés licenciés. Les audiences débordent en permanence, et personne ne cale un tribunal du travail sur un calendrier de sortie. Mais l'arithmétique reste ce qu'elle est : l'affaire qui concerne celles et ceux qui ont fabriqué le jeu se referme désormais la veille de sa commercialisation. C'est un fait de calendrier, pas une affirmation sur la thèse de l'une ou l'autre partie.
Cet article expose ce qui a changé, ce que les débats d'octobre ont ajouté depuis notre article sur l'informateur présumé du Discord, et pourquoi « l'audience s'achève le 18 novembre » n'est pas la même phrase que « tout se joue le 18 novembre ». Le dossier d'ensemble — les écritures, la mention des 32 joueurs, le film opacifiant — figure dans notre état de ce que le tribunal a révélé jusqu'ici.
Où en est ce point précis
| Statut | |
|---|---|
| Que l'audience ne se conclura pas le 16 octobre | Rapporté, le 14 octobre 2026 |
| Les nouvelles dates | 17 et 18 novembre 2026, deux journées ajoutées à Glasgow |
| Ce qui s'y déroulera | Les plaidoiries de clôture des deux parties |
| Le motif avancé | L'interrogatoire des témoins a débordé ; les conseils de Rockstar ont demandé plus de temps avec un demandeur |
| Qu'un jugement tombe le 18 novembre | Non. Rien ne le laisse entendre, et ce n'est pas ainsi que cela fonctionne |
| Une constatation du tribunal sur quoi que ce soit | Aucune. Aucun jugement n'a été rendu |
| Une information nouvelle sur le jeu | Aucune |
| Un effet sur la sortie du 19 novembre | Rien d'annoncé |
À quoi ressemble désormais le calendrier
| Date | De quoi il s'agit |
|---|---|
| 30 octobre 2025 | 34 personnes licenciées dans les studios britanniques et canadiens, sans préavis |
| 5 novembre 2025 | Rockstar annonce le second report, de mai à novembre 2026 |
| Janvier 2026 | Référé indemnitaire refusé ; aucune constatation sur le fond |
| 10 septembre 2026 | Ouverture de l'audience au fond au Glasgow Tribunals Centre |
| 16 octobre 2026 | La date de fin initialement inscrite au rôle — désormais caduque |
| 17-18 novembre 2026 | Plaidoiries de clôture |
| 19 novembre 2026 | Sortie de Grand Theft Auto VI |
| Inconnue | Le jugement |
La dernière ligne est la plus importante, et c'est celle que la plupart des reprises de cette information ont passée sous silence.
Pourquoi une date de fin n'est pas une date de jugement
Les plaidoiries de clôture sont la dernière étape qu'un tribunal du travail entend, pas le moment où il tranche. Dans une affaire de cette ampleur, le délibéré est l'issue normale : la formation emporte le dossier et rédige, et dans les contentieux collectifs mêlant discrimination et mesures défavorables liées à l'appartenance syndicale, ce processus s'étale couramment sur des semaines, voire des mois. Le jugement, lorsqu'il tombe, est publié dans la base publique des décisions des employment tribunals plutôt qu'annoncé par l'une ou l'autre partie.
La lecture réaliste des nouvelles dates est donc que l'audience se termine la veille de la sortie et que le jugement, selon toute vraisemblance, non. Présenter le 18 novembre comme le jour où Rockstar connaîtra son sort, c'est lire une inscription au rôle comme un verdict.
Le témoin le plus haut placé à ce jour
Les audiences d'octobre ont produit le témoin le plus haut placé de l'entreprise depuis l'ouverture : Robert Spampinato, vice-président des ressources humaines de Rockstar. Son témoignage est rapporté sous la formule selon laquelle il ne tenait pas de comptes sur les adhésions syndicales, et la substance en est une série de dénégations assortie d'un élément de contexte.
Sur l'allégation centrale — qu'il aurait demandé à des cadres de surveiller les adhésions syndicales — il aurait qualifié le fait de catégoriquement faux, et déclaré qu'il ignorait que ces informations avaient été sollicitées. Il a admis que des éléments relatifs aux réunions et au recrutement syndicaux parvenaient aux ressources humaines, et qu'ils aidaient la direction à suivre les différends internes, tout en niant toute tentative d'étouffer l'organisation syndicale. Interrogé sur sa position à l'égard de l'IWGB, il aurait répondu qu'il n'avait rien contre ce syndicat en tant que tel, et que l'entreprise préférait traiter elle-même les questions de personnel.
Deux autres points de son témoignage pèsent davantage que les dénégations, parce qu'ils portent sur des dates et non sur des intentions :
- Il a indiqué au tribunal que Rockstar n'avait pas déterminé qui se trouvait réellement sur le serveur Discord avant octobre 2025. C'est la réponse de l'entreprise au problème de calendrier opposé à Charlie Kinloch le 9 octobre : si le serveur était lu depuis deux ans, pourquoi les licenciements étaient-ils urgents ? La réponse avancée est que lire un serveur et en identifier les membres sont deux choses différentes.
- Sur le moment choisi pour les licenciements, il aurait déclaré que l'entreprise était en retard sur GTA VI et cherchait comment annoncer un report à ses salariés. Le second report a été annoncé six jours après les licenciements. Aucune partie n'a allégué de lien entre les deux, et il s'agit d'un témoin décrivant ce qui se passait par ailleurs dans l'entreprise, non d'un aveu. Cela mérite d'être consigné précisément parce que le récit de Bloomberg sur les reports constitue aujourd'hui l'explication la plus complète donnée par des gens de Rockstar, et qu'il ne couvre pas ce point.
Le journaliste sur le serveur
Un détail contesté traverse l'affaire depuis le début et a refait surface en octobre. La position de Rockstar est que ce Discord n'était pas un canal syndical privé : le jugement de janvier sur le référé décrivait un serveur d'environ 350 membres, dont d'anciens salariés, et parmi eux au moins une personne ayant déjà publié des articles sur l'entreprise. Spampinato aurait déclaré au tribunal que Rockstar ignorait qu'un journaliste figurait parmi les membres avant octobre 2025.
La position de l'IWGB est que les personnes que Rockstar qualifie de journalistes et de concurrents étaient des responsables syndicaux et des salariés récemment partis. Aucune de ces deux versions n'a été établie. Le point compte parce que la défense de Rockstar repose sur la diffusion d'informations confidentielles dans ce qu'elle qualifie de forum public : le degré de publicité de ce forum fait partie de ce que la formation doit trancher.
Ce que cela ajoute, et n'ajoute pas, au dossier GTA VI
Rien sur le jeu. Aucune fonctionnalité, aucune date, aucun mode.
Il faut le redire, parce que cette affaire a déjà été une source de détails sur le jeu et que l'habitude est restée. Les écritures en défense de Rockstar demeurent le seul endroit où le studio ait évoqué un format en ligne à 32 joueurs, toujours non annoncé et toujours sans nom, exposé en détail dans le dossier sur le mode en ligne. Les débats d'octobre et l'inscription de novembre n'y ajoutent rien.
Ce qu'ils ajoutent, en revanche, est une collision de dates que l'entreprise n'a pas choisie et ne peut pas déplacer. Les prochains résultats trimestriels de Take-Two, traditionnellement dans la première quinzaine de novembre, tombent désormais entre la fin des débats et la sortie — et restent l'autre occasion à laquelle l'entreprise peut être interrogée publiquement sur tout ceci.
Ce qui n'est pas confirmé
- Les nouvelles dates elles-mêmes, en tant qu'inscription officielle au rôle. Elles sont rapportées depuis l'audience et concordent chez tous les médias qui les ont reprises, mais l'autorité en la matière est le rôle du Glasgow Tribunals Centre, que ce site n'a pas consulté.
- Que ce report traduise quoi que ce soit sur la solidité de l'une ou l'autre thèse. Il traduit la durée qu'ont prise les contre-interrogatoires. Lire une intention dans un ajustement de calendrier relève de la conjecture.
- Le récit de Spampinato, et celui que les demandeurs font de lui. Les deux sont des témoignages et des écritures dans une instance en cours. Une question posée à un témoin est une affirmation de celui qui la pose ; une réponse est une affirmation de celui qui la donne. Le tribunal n'a constaté ni l'une ni l'autre.
- La date du jugement. Aucune n'existe. Il peut tomber en décembre comme bien plus tard en 2027.
- Le nombre de demandeurs, tel que rapporté. Ce site retient 34 licenciements et 31 demandeurs britanniques, ce que soutient l'essentiel des reprises ; les chiffres de 23 et 29 circulent également et personne ne les a publiquement réconciliés.
- Un lien quelconque avec la fuite de 2022 ou l'enquête sur la fuite de 2026. Aucun n'a été allégué dans cette instance.
Ce qu'il faut surveiller
Trois échéances, par ordre de proximité.
Demain. L'audience siège toujours le 16 octobre ; ce qui change, c'est qu'elle ne s'y termine pas. Les témoignages restants sont entendus, puis l'affaire se tait pendant un mois.
Début novembre. La conférence de résultats de Take-Two, seul moment programmé avant la reprise de l'audience où un dirigeant peut être interrogé publiquement sur le sujet.
17-18 novembre. Les plaidoiries de clôture, puis le silence jusqu'à ce que la formation rédige. Le bon réflexe reste celui que cette affaire récompense depuis un an : attendre le jugement écrit, et traiter tout ce qui le précède comme de l'argumentation.
Note de sourcing : rockstargames.com, kotaku.com, pcgamer.com, gamesradar.com, videogameschronicle.com, gamespot.com, scotsman.com et eurogamer.net sont tous refusés par le réseau depuis lequel cet article est écrit — les résolutions DNS échouent et le proxy de sortie répond 403 — de sorte que rien de ce qui précède n'a été lu de première main : tout est restitué tel que la presse l'a rendu. Le report et les dates des 17 et 18 novembre ont été rapportés le 14 octobre 2026 ; le premier compte rendu émane d'un journaliste présent à l'audience, Eurogamer l'a repris le jour même, et tous les médias qui l'ont relayé s'accordent sur les dates comme sur le motif. Le témoignage de Spampinato — sa fonction, la dénégation, la ligne d'octobre 2025 sur l'identification des membres du Discord et du journaliste, sa réponse sur l'IWGB et la remarque sur l'annonce du report — est rapporté par The Scotsman, qui couvre ce procès depuis son ouverture. Les quelque 350 membres et les articles déjà publiés proviennent du jugement de janvier sur le référé, tel qu'il a été rapporté à l'époque. Les 34 licenciements du 30 octobre 2025, les 31 demandeurs britanniques et l'ouverture du 10 septembre sont établis par des reprises antérieures de PC Gamer, GamesRadar et VGC. Aucun média figurant parmi les sources de ce site n'a pu être consulté directement pour confirmer l'inscription de novembre, et c'est la raison pour laquelle celle-ci est signalée comme non confirmée plutôt qu'affirmée sans réserve.
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