Aller au contenu

Leonidash a un Discord — actus, corrections de la carte, et le soir de la sortie.

Rejoindre
Analyse··10 min de lecture

Procès Rockstar : ce qu'un tribunal de Glasgow a révélé sur GTA 6

Rockstar a licencié 34 salariés de ses studios britanniques et canadiens le 30 octobre 2025. Trente et un d'entre eux sont devant un tribunal du travail à Glasgow jusqu'à la mi-octobre, et les écritures de Rockstar sont le premier endroit où le studio évoque un format en ligne à 32 joueurs pour GTA VI.

Deux tours éclairées de Vice City au crépuscule, un hélicoptère au-dessus de la baie, une grande roue et un amphithéâtre en plein air sur le front de mer, et la rive opposée illuminée de l'autre côté de l'eau.
Image : Rockstar Games

Les déclarations les plus détaillées que Rockstar ait jamais faites sur le développement de Grand Theft Auto VI ne figurent pas sur le Newswire. Elles figurent dans un dossier déposé devant un tribunal du travail à Glasgow. L'audience au fond de l'affaire portée par 31 anciens salariés de Rockstar s'est ouverte le 10 septembre 2026 et doit se poursuivre jusqu'à la mi-octobre — soit environ un mois avant la mise en vente du jeu sur lequel ils ont travaillé.

Ce n'est pas un sujet jeu vidéo qui croise accidentellement un prétoire. C'est une affaire judiciaire devenue une source, parce que pour défendre les licenciements Rockstar a dû décrire ce que les salariés licenciés avaient dit, et ce qu'ils avaient dit portait sur GTA VI. Ce faisant, le studio a mis par écrit ce qu'il n'avait jamais publié nulle part : la mention d'un format en ligne à 32 joueurs.

Où en est le dossier

Statut
Licenciements le 30 octobre 2025, dans les studios britanniques et canadiensConfirmé
Nombre de personnes licenciées34 dans les deux pays ; 31 au studio britannique sont les demandeurs à Glasgow
Lieu et datesGlasgow Tribunals Centre, ouverture le 10 septembre 2026, audiences jusqu'à la mi-octobre
Demandes examinéesLicenciement abusif, discrimination syndicale et blacklisting
La thèse de RockstarFaute grave — diffusion d'informations confidentielles dans un forum public
La thèse du syndicatLes licenciements visaient les organisateurs d'une nouvelle section de l'IWGB
Une mesure provisoire obligeant Rockstar à maintenir les salairesRejetée, le 13 janvier 2026
Un jugementPas encore rendu

Les totaux publiés divergent parce qu'ils ne comptent pas la même chose : 34 est le nombre de personnes licenciées au Royaume-Uni et au Canada, 31 le nombre de demandeurs du studio britannique dont le dossier est examiné à Glasgow. Les deux chiffres figurent dans la presse sérieuse et aucun ne corrige l'autre.

Comment on en est arrivé là

DateCe qui s'est passé
Avant octobre 2025Les salariés du studio britannique constituent une section de l'Independent Workers' Union of Great Britain
30 octobre 202534 personnes sont licenciées dans les studios britanniques et canadiens, sans préavis
Les jours suivantsL'IWGB parle de « l'acte de répression syndicale le plus flagrant et le plus impitoyable de l'histoire de l'industrie du jeu vidéo »
13 janvier 2026La juge Frances Eccles rejette la demande de mesure provisoire au terme d'une audience de deux jours
Plus tard en 2026Le tribunal juge que les salariés peuvent porter l'ensemble de leurs demandes, blacklisting compris, à l'audience au fond
10 septembre 2026L'audience au fond s'ouvre, précédée d'un rassemblement devant le Glasgow Tribunals Centre

La décision de janvier est celle que l'on cite le plus souvent hors contexte. Une mesure provisoire est une injonction faite à l'employeur de continuer à payer le demandeur pendant la procédure, et le critère est de savoir si le tribunal estime que le demandeur l'emportera probablement au fond. La juge Eccles a conclu que « le tribunal n'a pas été en mesure de conclure qu'il apparaît probable qu'il jugera que le motif principal du licenciement des demandeurs était leur appartenance à l'IWGB » — un refus de préjuger, non une décision sur le fond. Le syndicat a répondu que cette décision « ne laisse nullement entendre que Rockstar ne sera pas reconnue coupable de licenciement abusif lorsque l'affaire sera jugée ». Rockstar a déclaré regretter « d'avoir été mise dans une situation où des licenciements étaient nécessaires ».

La phrase sur les 32 joueurs, et ce qu'elle dit exactement

La phrase qui intéresse ceux qui lisent ceci pour le jeu plutôt que pour l'affaire figure dans les écritures de Rockstar. Décrivant ce dont les salariés licenciés avaient discuté dans un salon du serveur Discord du syndicat, le document indique :

D'autres demandeurs dans le salon C évoquaient sans détour des fonctionnalités du jeu — l'un des secrets les mieux gardés de l'entreprise. Deux d'entre eux ont discuté d'un format en ligne à 32 joueurs, hautement confidentiel à cette date.

Lisez la phrase attentivement, car une grande partie de la couverture médiatique ne l'a pas fait. Le document établit trois choses, et pas une de plus :

  • Rockstar a désormais elle-même évoqué un format en ligne pour GTA VI. Jusqu'à ce document, toutes les déclarations sur le sujet venaient de Take-Two, et aucune n'employait le mot « en ligne » à propos de VI.
  • Un chiffre de 32 joueurs existait en interne à un moment antérieur à octobre 2025, et il était assez confidentiel pour que le fait d'en parler constitue, aux yeux de l'entreprise, une faute grave.
  • Rockstar qualifie elle-même le matériel divulgué de « fonctionnalités du jeu », ce qui revient à admettre que ce dont les salariés ont discuté était réel. Sa défense suppose que l'information était authentique ; c'est précisément ce qui fait de sa diffusion une faute.

Ce que le document n'établit pas, c'est la seule chose que les titres de presse affirment. Ce n'est pas une annonce, il ne dit pas que le chiffre est définitif, et il ne dit pas que le format a été conservé, ni qu'il existe encore. Les nombres internes bougent. Une taille de session de 32 joueurs discutée en 2025 prouve qu'un mode en ligne était en chantier ; ce n'est pas la fiche technique du mode auquel vous jouerez peut-être un jour. Rockstar n'a toujours annoncé ni mode, ni nom, ni date, ni prix, et tout ce que dit notre dossier sur le mode en ligne de GTA VI au sujet de l'absence d'annonce reste exact.

Un nombre de joueurs ne dit rien non plus de ce que ces joueurs feraient, ni d'où ils le feraient. Les deux précédents modes en ligne de Rockstar tournaient sur le monde de leur jeu parent ; un Leonida en ligne hériterait donc de la carte sur laquelle l'histoire est construite — ce qui reste une déduction tirée de deux exemples, exactement comme avant ce document.

Ce que Rockstar a dit au tribunal sur le secret entourant le jeu

La même audience a produit le récit le plus complet à ce jour du dispositif de confidentialité qui entoure GTA VI, parce que la défense de Rockstar repose dessus : si l'information était exceptionnellement sensible, le licenciement était une réponse proportionnée.

Le studio a comparé sa situation aux secrets industriels d'autres entreprises, soutenant que « protéger les secrets du gameplay et du design s'apparente à la protection de l'iPhone par Apple ou de sa formule par Coca-Cola », et que « les exigences en matière de sécurité de l'information et de confidentialité sont sans commune mesure avec celles de la plupart des employeurs ». Il a indiqué au tribunal avoir fait poser un film opacifiant sur les fenêtres de ses bureaux après que des drones eurent été utilisés pour photographier l'intérieur du bâtiment.

Cela mérite d'être mis en regard de ce qui a réellement fuité. La fuite de septembre 2022 a mis en ligne 90 séquences d'une version de travail, et la fuite de 2026 et la traque de sa source ont occupé Take-Two en assignations tout l'été. Les drones et le film opacifiant sont la partie de cette histoire dont personne, à l'extérieur du bâtiment, n'avait entendu parler.

Ce que chaque partie soutient

La position de Rockstar n'a pas changé depuis la semaine des licenciements : « Des personnes au Royaume-Uni et au Canada ont été licenciées pour faute grave à la suite de la diffusion d'informations confidentielles de l'entreprise, et non en raison d'une prétendue appartenance ou activité syndicale. Nous rejetons ces accusations et les défendrons vigoureusement devant le tribunal. » À l'audience, le studio a présenté les messages Discord comme la divulgation, dans un forum public, d'informations sur des jeux « à venir et non annoncés ».

Les conclusions des demandeurs décrivent la même journée comme une « décimation » calculée des effectifs, visant les organisateurs de la nouvelle section afin de la déstabiliser. Leur thèse est que le Discord était un salon syndical privé, qu'aucune procédure disciplinaire ni aucun droit de recours ne leur a été offert, et que le choix des personnes licenciées recoupe l'activité syndicale plutôt que la teneur des propos. Ils demandent leur réintégration, à défaut une indemnisation, et la reconnaissance du caractère abusif des licenciements.

La répartition de la charge de la preuve compte. Dans une procédure au fond pour licenciement abusif, c'est à l'employeur d'établir le motif réel des licenciements : c'est donc à Rockstar de prouver la faute, et non aux demandeurs de prouver la discrimination. C'est en grande partie pour cela que l'affaire a produit autant de détails écrits sur GTA VI : la défense l'exige.

Ce que les salariés licenciés demandent aux joueurs

Ils ne demandent pas de boycott, et ils l'ont dit publiquement. Une vidéo publiée par l'IWGB donne la parole à trois des développeurs licenciés, qui formulent la demande inverse : « Ne boycottez pas GTA 6. Obtenez justice pour celles et ceux qui ont contribué à le faire. » Leur argument est qu'ils ont passé des années à consacrer « notre travail, nos compétences et notre créativité » à GTA, et que le succès commercial du jeu n'est pas contradictoire avec leur action. Le soutien qu'ils réclament est financier — de quoi alimenter la caisse de grève via des produits dérivés du syndicat — plutôt qu'un achat suspendu.

C'est une demande inhabituellement précise, et il vaut la peine de la rapporter fidèlement, parce que « développeurs licenciés » et « boycott » sont supposés aller de pair. Ici, ce n'est pas le cas.

Ce qui n'est pas confirmé

  • L'issue. Aucun jugement n'a été rendu, et un tribunal qui termine à la mi-octobre peut mettre sa décision en délibéré pendant des semaines, voire des mois. Quiconque vous dit comment cela finit spécule.
  • Que GTA VI aura un mode en ligne à 32 joueurs. Le chiffre apparaît dans la description d'une conversation de 2025, au sein d'un document qui soutient que cette conversation n'aurait pas dû avoir lieu. Ce n'est pas une fiche technique, et Rockstar ne l'a pas répété.
  • Qu'un mode en ligne existe, dans une version aboutie. Toujours non annoncé, toujours sans date, toujours sans nom — voir le dossier sur le mode en ligne pour l'état complet du dossier.
  • Un lien quelconque avec le calendrier de sortie. Le second report a été annoncé six jours après les licenciements. Aucune des deux parties ne les a reliés, et personne n'a invoqué de lien de causalité. La chronologie est réelle ; la déduction n'engage personne.
  • Le contenu du reste du Discord. Seuls les fragments que chaque partie a choisi de citer sont publics. Le dossier de preuves complet ne l'est pas.
  • La réintégration éventuelle d'un salarié licencié. Elle est demandée. Elle est rarement ordonnée.

La suite

L'audience doit s'achever à la mi-octobre, ce qui place la fin des débats environ cinq semaines avant le 19 novembre. Un jugement pourrait tomber dans la même quinzaine que le jeu, bien après, ou entre les deux. Les prochains résultats trimestriels de Take-Two, traditionnellement dans la première quinzaine de novembre, sont l'autre date à laquelle l'entreprise peut être interrogée publiquement sur tout ceci.

Ni Rockstar ni Take-Two n'a publié quoi que ce soit sur l'affaire, que ce soit sur le Newswire ou dans une communication aux investisseurs, au-delà du démenti d'usage, et rien au calendrier ne laisse penser que cela changera. Pour l'instant, le dossier, ce sont les écritures — et les écritures en ont déjà dit plus sur GTA VI que le marketing.